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Les Amis de l'Abbaye et du Patrimoine de Tourtoirac
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Association Loi 1901

Cabanes ou Bories ?

 

BORIE

Le terme borie, dans la langue touristique relative à la Provence, désigne une cabane en pierre sèche qui servait de grange, d'écurie ou d'habitation saisonnière à un agriculteur du XIXème siècle dans une parcelle foraine (sur une autre commune) ou trop éloignée de sa ferme. »

 

CABANE

Même si le terme de borie est encore parfois utilisé pour des questions de tradition touristique, dans le Périgord la tendance est de le substituer systématiquement par le mot « Cabane » dérivé du terme francisé « Chabane » lui-même provenant du mot générique traditionnel de « Chabana » ou « Chebana » en Dordogne. A titre d’information, on note aussi dans le Périgord, le terme vernaculaire de « Cajolle » pour désigner une cabane en pierres sèches *1.

 

Ce type de construction est réalisé sans mortier. La parenté entre ces cabanes et le sol est grande. En effet, dans les zones calcaires jurassiques souvent dur et compact où le sous-sol affleurant se délite (roche fracturée et pouvant garder une forte caractéristique litée liée aux alternances du recouvrement par les eaux au sein desquelles se faisait la sédimentation génératrice de la roche ; le litage est à l’origine de fissures dans la roche induisant le caractère gélif des pierres qui se désagrégeaient d’autant mieux, ce litage permettait aussi la fabrication des dalles - lauzes (ou lauses) - utilisées dans les constructions ; en général les pierres se taillent mal, pour avoir des bords francs, il faut avoir recours à des filons – carrières - de roche beaucoup plus homogène plus rares justifiant de l’utilisation de pierres de réemploi pour certaines parties des constructions : jambages, linteaux…) et est remonté à chaque labour, les pierres sont retirées des champs, mises en tas sur le bord et transformées en murs (ou muraille parfois de plusieurs mètres d’épaisseur. Quand la configuration des lieux le permettait, la plupart des murs avaient une orientaion N/S ou E/W pour suivre l’orientation des cultures, de la vigne en particulier, (disposée pour prendre au mieux le soleil du matin et du soir). Ces murs, devenus clôtures, pouvaeint avoir un rôle anti érosif lorsqu’ils sont perpendiculaires à la pente, ou un rôle de soutènement pour un chemin, ou encore parfois en meules (tas) à la forme pyramidale tronquée. Selon leur forme et leur implantation, ces constructions sont désignées cabanes lorsqu'elles sont isolées et guérite quand il s'agit d'une niche dans un mur de clôture. La plupart des constructions en pierres sèches date du XIXème siècle (*2). Elles étaient construites par les ouvriers agricoles au moment des défrichements concomitants au développement agricole qui a accompagné la révolution industrielle.

 

Dans leur construction Les cabanes sont couvertes par un toit le plus souvent conique (parfois à deux pentes) construit en encorbellement et comportent pour leur ouverture d’un linteau en pierre ou en bois moins pérenne. Deux voûtent se superposent. Les pierres de chaque rangée de la voûte intérieure sont posées en encorbellement par rapport à celles du rang précédent. Ainsi, la voûte peut s'élever jusqu'au faîte. Une seconde voûte la protège, également toute en dalles de pierre minutieusement choisies pour leur absence de fissure apparente et placée en respectant un pendage vers l’extérieur pour l’écoulement de la pluie. L'ensemble se termine généralement par une large dalle circulaire ou carrée. La dégradation de cette face externe, surtout au nord en raison de l’action du gel, accélère la disparition des cabanes.

 

Ces cabanes en pierres sèches servaient d'abri temporaire aux saisonniers du XVII – XVIII ème ( ? XIXème), à ses animaux, outils, ou récolte, dans une parcelle éloignée de sa résidence principale. On peut voir que certaines des cabanes de grande taille possèdent une ouverture susceptible de permettre l’évacuation de la fumée d'un feu et apporter de la lumière. Ces ouvertures pouvaient correspondre à un plancher intermédiaire en bois dans la cabane, L’existence de trous intérieurs à cette hauteur peut en attester.

 

Sur la commune de Tourtoirac, au Broussilles (*3) entre la croix de Trie et la Rougerie, et dans d’autres endroits du causse, on peut retrouver regroupés plusieurs édicules en pierres sèche qui attestent d’un habitat temporaire au moment des cultures au moins pour les ouvriers agricoles ou le paysan lui-même, en cas d’éloignement du lieu d’habitation permanent. La présence proche de point d’eau conditionnait ces situations.

 

*1 La plupart des informations reprises ici proviennent de Wikipédia à la rubrique : Cabanes en Pierre sèche.

*2 Certaines des constructions en pierres sèches indiquées comme très anciennes aux touristes (moyen âge) telles les « Cabanes du Breuil », semble avoir été construite au XIXème siècle (Wikipédia).

*3 Aux Broussilles, perdue dans un bois, invisible des espaces environnants, adossée à une muraille, se trouve une cabane en parfait état, assez grande et qui présente des vestiges d’une occupation récente : porte en bois de construction sommaire manifestement récente et un lit cage déployé à l’intérieur qui occupe la majeur partie de l’espace disponible.

 

Il faut s'éloigner des routes et souvent même des chemins pour observer les bories de Tourtoirac.

En voici quelques unes, pas trop difficiles à trouver. Mais n'y pénétrez pas.

L'empilement des pierres qui les constitue est parfois très ancien et les années les auront fragilisées.

Alors en route, et surtout en chemin, pour découvrir quelques Bories remarquables.

Borie du Ringou

Cabane en pierre sèche, visiblement pour l'habitation, 3m5 de haut sur 2m5 de large, une porte de 1m7 de haut, une ouverture dans le toit, attestant probablement d'une entrée de lumière pour un niveau supérieur. Intérieur aménagéavec un sol en terre battue, : bancs en bois et en pierre, espace pour un feu de camp. Juste à côté se trouve une autre cabane de dimensions égales mais effondrée. Situées dans les bois, il faut quitter le chemin pour trouver ces deux cabanes en pières sèches.

             Au Portail, on peut voir cette Borie parfaitement restaurée, avec la particitation de la Fondation du Patrimoine. Située sur une propriété privée, elle ne se visitepas. On peut cependant l'observer de l'extérieur.

Une cabane en pierre sèche, "différente", au Portail.

Une construction originale comparé aux autres vues.

Le linteau de la porte et  la porte sont en bois. Le jambage en pierre taillée, à l'entrée, est probablement un ré-emploi.
 

A la hauteur de cette cabane (qui est plutôt une guérite), existe un grand nombre de vestiges de cabane ronde ou quadrangulaire, certaines en bon état, d’autres assez vastes (petite maison), réparties de part et d’autre du chemin.

D’un côté, il y a un bas fond avec des indices d’eau.

Ces constructions attestent d’une occupation importante pendant plusieurs mois de l’année pour les cultures.

Ci-contre une cabane  sur le chemin du Grand-Coderc.